En bref : la vie d'Étienne de La Boétie

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Jeunesse et éducation

Étienne de La Boétie est né le 1er novembre 1530 à Sarlat, dans une famille noble et aisée du Périgord. Il a reçu une éducation humaniste, typique de la Renaissance, qui a profondément influencé sa pensée. Devenu orphelin de père très jeune, il a été élevé par son oncle, un homme instruit et passionné de culture antique. Ce milieu intellectuel l'a conduit à se former aux civilisations grecque et romaine, une formation qu'il a perfectionnée par des études de droit à l'université d'Orléans. Vif, sportif et curieux, La Boétie incarnait l'idéal de l'honnête homme tel que le concevait l'humanisme. C'est durant ses études à Orléans qu'il a rédigé son célèbre Discours de la servitude volontaire, probablement entre 1546 et 1548, alors qu'il était âgé de 16 à 18 ans, bien que les âges exacts varient sous la plume de Montaigne.

Carrière juridique et politique

Après ses études, La Boétie a entamé une carrière dans la magistrature. En 1553, il a acheté la charge de conseiller au Parlement de Bordeaux, une position prestigieuse qui lui a permis de se familiariser avec les rouages du pouvoir et de la justice. À cette époque, le droit moderne connaît un essor significatif et commence à définir les contours de l'État moderne, prenant en charge l'ensemble de la société.

Rencontre avec Montaigne

L'un des événements les plus marquants de la vie de La Boétie a été sa rencontre avec Michel de Montaigne en 1557, lors d'une fête entre parlementaires. Les deux hommes sont devenus des amis très proches. Montaigne a décrit leur amitié comme l'une des plus profondes et sincères, et il a rendu hommage à La Boétie dans ses Essais. Cette amitié a exercé une influence significative sur Montaigne, qui a été profondément affecté par la mort prématurée de La Boétie.

Œuvres et pensées

Outre le Discours de la servitude volontaire, La Boétie a écrit des poèmes et des traductions d'œuvres classiques. Cependant, c'est son Discours qui a marqué l'histoire de la pensée politique. Montaigne aurait eu le manuscrit originel qui a été perdu ; c'est une copie demandée par Montaigne qui est devenu le texte de référence. C'est à travers le prisme de Montaigne que s'est, tout d'abord, construite la renommée du discours de La Boétie.

Dans sa fonction de magistrat, La Boétie a fait preuve d'une grande loyauté face aux exigences de sa charge. Il a aussi été témoin du conflit entre catholiques et protestants, un conflit à la fois religieux et politique auquel les magistrats n'étaient pas indifférents. La Boétie était désespéré par cette violence et craignait le développement d'une guerre civile. Il a entrepris une mission à Paris auprès du Conseil du roi Charles IX, alors âgé de 10 ans, et a rencontré Michel de L'Hôpital. Ce dernier a chargé La Boétie d'expliquer au Parlement de Bordeaux la politique d'apaisement voulue par Catherine de Médicis. La Boétie croyait en la tolérance et prônait un catholicisme réformé.

Mort

La Boétie est mort jeune, à l'âge de 32 ans, le 18 août 1563, probablement de la peste ou de la dysenterie. Sa mort a été racontée par Montaigne dans la Lettre de Montaigne à Monseigneur de Montaigne son père, publiée en 1571, qui associe la tradition du récit de la « belle mort » à la question de l'amitié. Dans De l'amitié, Montaigne évoque la douleur de la perte de son ami et souligne l'importance de leur amitié. Il écrit également que La Boétie était « un esprit si rare et si excellent » et que sa mort a été « un coup de foudre qui a ébréché mon cœur ».

Source : https://lesmanuelslibres.region-academique-idf.fr
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